Les lauréats précédents

2010, Olivier Pescheux

Diplômé de l’ISIPCA, Olivier Pescheux découvre la parfumerie en coopérant avec une petite société grassoise installée à Bangkok. De retour à Paris, il travaille entre autres pour les parfums Annick Goutal, KAO et Givaudan, qu’il intègre en 1998. Parfumerie de niche ou grand public, il est l’un des artisans de la marque Diptyque et on compte parmi ses créations 1 Million pour Paco Rabane et Chrome Legend pour Azzaro. Le jury, présidé cette année-là par le professeur Georges Vigarello, a souligné la grande diversité de ses créations.

2009, Olivier Polge

Fils de Jacques Polge, Olivier est né en 1974 à Grasse. Après 16 ans chez IFF où il crée des parfums remarqués comme Pure Poison de Dior, Alien de Thierry Mugler (avec Dominique Ropion), SpiceBomb de Viktor & Rolf, La Vie est Belle de Lancôme (avec Dominique Ropion et Anne Flipo), Dior Homme et Repetto pour Repetto, il devient le Nez de Chanel, et donc nommé à vie. Il y crée Misia, Chance, Eau Vive et Boy ainsi que l’eau du N°5. Il est récompensé pour son œuvre par le Prix François Cotyen 2009.

2008, Dominique Ropion

Formé chez Givaudan, Dominique Ropion a ensuite travaillé chez Symrise avec Jean-Louis Sieuzac. Il est entré chez IFF en 2000. Sa mère, tout comme son grand-père qui travaillait pour Roure, lui fait découvrir l’univers de la parfumerie. Un stage d’été de chromatographie à l’école de Roure lui met le pied à l’étrier, il intègrera l’institution peu de temps après. Il reçoit le Prix François Coty en 2008. En plus de ses collaborations avec les éditions de parfums Frédéric Malle, Dominique Ropion a créé un nombre impressionnant de best sellers parmi lesquels se trouvent Ysatis et Amarige de Givenchy, Alien de Thierry Mugler et La Vie Est Belle de Lancôme (avec Olivier Polge et Anne Flipo). Parmi ses références absolues, Dominique Ropion cite volontiers L’Origan et le Chypre de Coty.

2007, Christine Nagel

Née en 1959 à Genève, Christine Nagel reçoit le Prix François Coty bien avant sa nomination comme directrice de la création et du patrimoine olfactif d’Hermès, en 2016. En 2007, le jury reconnaît déjà un parcours sans faute et un talent fou. Au début de sa carrière, elle intègre Firmenich puis Créations Aromatiques (aujourd’hui Symrise) où elle dirige pendant dix ans le service de chromatographie. En 1997, elle est nommée chez Quest où elle crée de nombreux parfums pour Cartier, Narcisse Rodriguez, Dior et Dolce Gabbana. Elle est ensuite repérée par Givaudan, maison qu’elle quitte en 2008 pour Fragrance Ressources puis pour Mane, où elle crée Sì Armani. Elle travaille depuis 2014 pour Hermès.

2006, Lorenzo Villoresi

 Parfumeur indépendant, Lorenzo Villoresi est l’un des plus célèbres créateurs de parfums de niche. Né à Florence, docteur en philosophie, il apprend le métier de parfumeur de façon autodidacte. Il crée sa société en 1990 et produit annuellement 40 000 flacons et 10 000 produits pour le bain. Ses productions, artisanales, sont une rencontre entre les épices de l’Orient et la sophistication italienne. Il reçoit le Prix François Coty en 2006.

2005, Sophie Labbé

 Sophie Labbé est un parfumeur littéraire. Pour créer un parfum, elle plonge dans ses souvenirs faire des «figures libres», ébaucher ce qui ressemble à un poème olfactif. Formée à l’ISIPCA dans la promotion François Coty, elle intègre l’école de parfumerie Givaudan à Genève puis IFF en 1992, sur les conseils de Jean Kerleo qui ne doute pas de son talent. Elle y signe ses premiers parfums, comme G de Gigli, Organza pour Givenchy, Emporio Armani pour Homme, Premier jour de Nina Ricci ou Promesse de Cacharel. Elle signe aussi Parisienne d’Yves Saint Laurent et de Jasmin noir de Bulgari. Comme elle le confiait au journal Libération, elle retient de son enfance en Charente-Maritime « le goût et l’odeur des caves, les pins sur le chemin de la plage, l’odeur du sable chaud » ainsi que l’odeur de l’immortelle, une petite fleur sans charme aux notes épicées. En 2005, le Prix François Coty récompense l’ensemble de son œuvre, le trophée Lalique lui est remis par la Baronne Nadine de Rothschild.

2004, Jacques Cavallier

 Cinq générations de parfumeurs précèdent Jacques Cavallier. Né à Grasse en 1962, il passe ses étés dans les laboratoires de la région. Le lendemain du baccalauréat, il entre chez Charabot et apprend son métier, de la chaufferie à la distillation en passant par la fabrication concrète d’essences, les laboratoires d’analyse, le service chromatographie et le laboratoire de chimie. Il intègre Naarden (Quest), déménage en Hollande et quitte le groupe en 1988 pour Firmenich où il rencontre Alberto Morillas, autre récipiendaire du Prix François Coty, et Chantal Roos. Il crée l’Eau d’Issey d’Issey Miyake en 1991, puis le féminin Jean-Paul Gaultier en 1993 ainsi qu’Initial de Boucheron, Nu d’Yves Saint Laurent et Trouble pour Boucheron. Il reçoit le Prix François Coty en 2004 dont le jury est présidé par Marie Laforêt. Depuis 2010, il a créé, entre autres, de nombreuses eaux pour Bulgari et des variantes de Replica pour la Maison Martin Margiela.

2003, Alberto Morillas

 Alberto Morillas, né à Séville, est un autodidacte. Après des études aux Beaux-Arts de Genève, il est embauché chez Firmenich en 1970 où il travaille encore aujourd’hui. Auteur d’un nombre impressionnant de parfums, ses créations ont été des best sellers internationaux et figurent encore parmi les parfums les plus appréciés au monde : Must de Cartier, Byzance de Rochas, CK One de Calvin Klein, Panthère de Cartier, Bulgari pour homme, Aqua di Gio de Giorgio Armani et Flower pour Kenzo. Il reçoit en 2003 le Prix François Coty dont le jury est présidé par Elizabeth Bourgine.

2002, Maurice Roucel

 Né le 15 septembre 1950 à Cherbourg, Maurice Roucel a suivi des études de chimiste avant de débuter chez Chanel en 1973. Il est parfumeur et directeur de la création chez Dragoco (aujourd’hui Symrise) depuis 1996 et dirige l’équipe de création de cette maison depuis 1999. Il a créé une centaine de parfums dont plusieurs pour Rochas, Hermès, Helmut Lang, Castelbajac ou Cavali. Aux éditions Frédéric Malle, il a signé des parfums de pure création comme Dans Tes Bras (2008) et Musc Ravageur (2000). En 2002, l’Association François Coty avec Irène Frain, invitée d’honneur du jury, lui décerne son prestigieux Prix, récompensant l’ensemble de sa carrière.

2001, Francis Kurkdjian

 Né en 1969 à Paris, d’origine arménienne, Francis Kurkdjian décide très tôt de devenir parfumeur. Après des années de piano et de danse classique, il acquiert discipline et rigueur – des qualités qu’il mettra à profit dans son apprentisssage du métier, à l’ISIPCA de Versailles. Il intègre le laboratoire de création Quest International où il crée à 25 ans Le Mâle de Jean-Paul Gaultier. D’autres succès suivront : Fragile pour Jean Paul Gaultier, Lily Chic pour Escada et Green Tea pour Elisabeth Arden. En 2001, Francis Kurkdjian remporte le Prix François Coty remis par Marie-Christine Barrault, présidente du jury. En 2009, il est nommé chevalier des Arts et des Lettres. La même année, il cofonde avec Marc Chaya sa propre maison de parfums, tout en continuant de produire pour d’autres. Parmi ses créations récentes, notons Le Parfum pour Carven (2013), la Collection des Cuirs pour Elie Saab (2016) et L’Extase pour Nina Ricci (2015).

2000, Jean Guichard

 Né en 1951 à Grasse, Jean Guichard a grandi dans la capitale des parfums. Issu d’une dynastie de parfumeurs, il est très tôt initié au monde de l’industrie olfactive. Ses origines méditerranéennes et provençales l’inspirent au quotidien. Anciennement chef parfumeur de la maison Givaudan, il est l’auteur de Loulou et d’Eden pour Cacharel, L’Air du Temps Colombes Couleurs pour Nina Ricci, Obsession de Calvin Klein. En 2000, il reçoit le Prix François Coty avec mention du président du jury Jean-Claude Brialy et se voit décoré chevalier des Arts et des Lettres. Il a été nommé directeur de l’école de parfumerie Givaudan en 2004, l’une des plus prestigieuses au monde. Jean Guichard a travaillé pendant dix ans à transmettre ses connaissances. Il définit son métier comme celui d’un « poète doublé d’un scientifique ». Il est membre du jury du Prix François Coty 2018.